Les Journées Scientifiques du CRI  Ière Journée Scientifique du CRI - Mai 2002  Compte-rendu du Pr Jean SIBILIA  Le TNFa et les anti-TNFa dans les fièvres périodiques héréditaires

Le TNFa et les anti-TNFa dans les fièvres périodiques héréditaires :: Gilles GRATEAU, Paris

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Les fièvres héréditaires regroupent 4 entités dont les anomalies génomiques ont été récemment identifiées :

  • la fièvre méditerranéenne familiale (FMF) liée à des mutations du gène MEFV qui code pour la marenostrine-pyrine.
  • la fièvre hibernienne ou TRAPS (TNFRSF1 associated periodic syndrome) lié à des mutations du gène TNFRSF1A codant pour un récepteur du TNFa.
  • le syndrome hyper-IgD ou HIDS (Hyper IgD syndrome) lié à des anomalies du gène MK codant de la mevalonate kinase (MVK).
  • le syndrome de Muckle-Wells (MWS) et l'urticaire familiale au froid (familial cold urticaria syndrome ou FCU) liée à des anomalies du gène CIAS1 codant pour la cryopyrine.

Ces 4 entités se caractérisent toutes par des accès fébriles de durée variable, des signes articulaires et cutanés, et d'autres manifestations systémiques. Trois d'entre elles (FMF, TRAPS et MWS-FCU) se compliquent d'amylose AA. Leur transmission est autosomique dominante (TRAPS et MWS-FCAS) ou récessive (FMF, HIDS).

S'il existe un traitement bien codifié de la FMF par la colchicine pour les autres fièvres périodiques, il n'existe pas de traitement symptomatique ou de traitement de fond susceptible de maîtriser le risque d'amylose.

  • Dans le TRAPS, il existe une anomalie génétiquement déterminée du récepteur du TNFa (TNF RS F1A). Le rôle exact de ces anomalies génomiques est mal connu, mais il semble exister un défaut de contrôle du TNFa. Il est possible que l'anomalie génomique du récepteur du TNFa entraîne soit une instabilité ou une diminution de son clivage membranaire, mais d'autres mécanismes sont possibles, en particulier une activation constitutive de ce récepteur ou une augmentation d'affinité de sa forme membranaire pour le TNFa. Quoiqu'il en soit, ces observations ont justifié l'utilisation thérapeutique du récepteur soluble (étanercept) dans cette affection. Une vingtaine d'observations ont été publiées avec dans la plupart des cas une efficacité symptomatique, mais aussi biologique (baisse de la CRP).
  • Dans une observation, une régression de l'amylose AA (syndrome néphrotique) a été notée.
  • Dans les autres formes de fièvres périodiques (HIDS, MWS-FCU), il n'y a pas d'observation publiée traitée par anti-TNFa, mais traitement a été envisagé par certains auteurs hollandais dans le HIDS.

Pour l'instant, il n'y a pas d'expérience française colligée, mais le rationnel de l'utilisation des anti-TNF (récepteurs solubles) dans le TRAPS justifie certainement d'envisager des recommandations thérapeutiques et surtout un recueil de données des malades traités.

Jean SIBILIA, Service de Rhumatologie CHU Strasbourg