Etudes interactives du CRI

Sécurité de l’emploi d’inhibiteurs de checkpoint immunitaire dans le traitement des mélanomes et cancers pulmonaires avancés chez les patients atteints d’une maladie auto-immune

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L’étude des mécanismes d’échappement tumoral a fait émerger au cours des dernières années de nouvelles molécules anticancéreuses. L’un de ces mécanismes est la suppression immunitaire induite par les cellules cancéreuses, permettant notamment de contrer la réponse T cytotoxique antitumorale. L’environnement tumoral est le siège d’une surexpression de molécules immunosuppressives, intervenant physiologiquement aux étapes de contrôle ou « chekpoints immunitaires », dont CTLA-4, molécule inhibant la réponse T via sa liaison à la molécule CD80/CD86 exprimée par les cellules présentatrices d’antigènes, et PD-1, protéine impliquée dans la mort cellulaire programmée avec son ligand, PDL-1. L’inhibition de ces molécules immunosuppressives permet de libérer le système immunitaire et d’augmenter la réponse immunitaire anti-tumorale. Des inhibiteurs de ces checkpoints immunitaires ont montré leur efficacité pour augmenter la survie globale, en seconde ligne dans les mélanomes métastatiques, et dans les cancers pulmonaires avancés à petites cellules ou non à petites cellules. Les thérapies ayant actuellement l’AMM sont un anticorps monoclonal anti CTLA-4, l’ipilimumab (mélanome), et deux anticorps monoclonaux anti-PD1, le pembrolizumab (mélanome), et le nivolumab (mélanome, cancer bronchique non à petites cellules métastatique). Des effets secondaires auto-immuns liés à l’hyperactivité du système immunitaire induite par ces traitements ont été rapportés, et de ce fait les patients atteints de maladies auto-immunes ont été exclus de tous les essais cliniques testant ces molécules. Les effets secondaires dans cette population ne sont donc que très peu décrits, et nous n’avons que peu d’éléments concernant leur tolérance, notamment le risque de poussées et leur sévérité au cours du traitement, ou la sévérité d’effets secondaires auto-immuns non en lien avec leur pathologie initiale.

Nous réalisons donc une étude multicentrique rétrospective, en collaboration avec le Groupe de Cancérologie Cutanée (GCC), le Groupe Français de Pneumo-Cancérologie (GFPC) et le CRI, pour déterminer la sécurité d’emploi des inhibiteurs de checkpoint chez les patients atteints de maladie auto-immune.

Objectif Principal : Evaluer la sécurité d’emploi des inhibiteurs de chekpoint immunitaires dans le traitement de seconde ligne des mélanomes et cancers pulmonaire avancés chez des patients porteurs d’une maladie auto-immune.

Objectif Secondaire : Evaluer la réponse anti-tumorale aux inhibiteurs de checkpoint chez des patients porteurs d’une maladie auto-immune sous-jacente, en fonction de l’apparition d’une poussée et de l’utilisation d’éventuels traitements immunosuppresseurs (corticoïdes, immunosuppresseurs, anti-TNF).

Critères d’inclusion :

  • Patient porteurs d’une maladie auto-immune (rhumatisme inflammatoire, connectivite, vascularite systémique, pathologie cutanée, neurologique ou digestive inflammatoire)
  • Patient porteur d’un mélanome avancé ou cancer pulmonaire à petites cellules ou non à petites cellules métastatiques, qui a reçu un traitement par Ipilimumab, Pembrolizumab ou Nivolumab.

Critères d’exclusion :

  • Pathologie auto-immune diagnostiquée après le début du traitement par inhibiteur de checkpoint immunitaire.
  • Absence de suivi après le début du traitement par inhibiteur de checkpoint immunitaire.

Ce travail est distinct de la précédente étude soutenue par le CRI et coordonnée par le Pr Lambotte et le Dr Belkhir du Kremlin-Bicêtre qui se concentrait sur les maladies auto-immunes survenant sous traitement (Recueil d’observations de maladies auto-immunes, de polyarthrite ou de pseudopolyarthrite rhizomélique survenant sous anti-PD1 et anti-CTLA4), puisque nous cherchons à inclure ici tous les patients avec une maladie auto-immune préexistante recevant ce type de traitements, qu’ils aient ou non développé un effet secondaire.

Si vous suivez un patient répondant à ces critères vous pouvez nous envoyer une photocopie du dossier médical anonymisé (compte-rendu de consultation ou d’hospitalisation, éléments de biologie et d’immunologie), et si possible de l’iconographie, remplir la fiche de recueil en téléchargement ci-dessous, ou nous joindre pour procéder au recueil de données.

Ce travail fera l’objet d’un article soumis à publication et les participants seront proposés comme co-auteurs.

En vous remerciant de l’attention que vous nous porterez.

Alice Tison
Interne de Rhumatologie, Brest
alice.tison@chu-brest.fr

Dr Marie Kostine
Rhumatologie, CHU de Bordeaux

Dr Gilles Quere
Oncologie Medicale, Brest

Pr Laurent Misery
Dermatologie, Brest

Dr Divi Cornec
Rhumatologie, Brest
divi.cornec@chu-brest.fr

Service de Rhumatologie
CHU Cavale-Blanche
Boulevard Tanguy Prigent
29200 Brest
Tel : 02 98 34 72 67 / Fax : 02 98 49 36 27